vendredi 14 novembre 2008

Au fil de la plume

Presque quinze jours sans blogger... Il va falloir penser à corriger tout cela.

A vrai dire, rien d'important dans ma vie ces derniers temps: pas de grandes découvertes, de coup de gueule ni de voyage. Et pas vraiment envie d'écrire.

La vie suit gentiment son cours. La crise touche aussi la Chine, souvent plus méchamment qu'ailleurs même si la croissance à 8% rend envieux le reste du monde: la bourse de Shanghai a perdu 70% de sa valeur en un an, entraînant avec elle des millions de Chinois qui y avaient placé une grande partie de leurs économies. Sale temps pour les retraités notamment. Hong Kong et Shenzhen ne vont guère mieux. Et les plans de relance ne produisent guère l'effet voulu.

L'euro a perdu près de 20% par rapport au yuan ces deux derniers mois... juste à l'approche du moment où je dois payer mes trois mois de loyer... Joie et allégresse (je n'aurais pas la naïveté d'imaginer que les indemnités de VIE augmentent en conséquence)

Je découvre un peu plus ce à quoi ressemble la vie à Pékin en automne. Agréable durant la journée, glaciale parfois pendant la nuit. Circulation infâme... aller en centre-ville en sortant du boulot tient de la folie furieuse. Les voitures sont toutes recouvertes d'une épaisse pellicule de poussière et de sable du désert de Gobi.

dimanche 2 novembre 2008

Team building

J'ignore s'il existe une traduction française 'officielle' pour ce type d'activité. Pour les heureux qui n'ont jamais participé à ce genre de choses, il s'agit de prendre un certain nombre d'individus travaillant pour la même compagnie, souvent sur le même projet, et de les lâcher dans la nature sous les ordres d'un adjudant sadique pour se livrer à nombre d'activités plus ou moins respectables afin de tisser des liens et, au final, d'être plus productifs.

Dans mon cas, je me suis retrouvé quelque peu embrigadé par une de mes mignonnes petites chefs d'équipe

- Emmanuel, do you have anything planned this week-end?
- Well, not exactly (ce qui veut dire en général manger, dormir, sortir, éventuellement blogger et lire)

- We have team-building activities next Saturday, do you want to come with us?


Et là, forcément, comme elle m'a fait un joli sourire, je me suis retrouvé le samedi matin à l'aube dans un bus en partance vers le nord (l'autoroute conduisant à Chengde, je suis sûr que certains lecteurs se rappellent de l'avoir vu de loin...)
L'un des grands avantages de Pékin par rapport à Shanghai est la proximité de la nature. Après une petite demi-heure de route depuis nos locaux, le paysage ressemble plus ou moins à cela:

Pas vilain quand même...

Dès le début, nous fûmes séparés en deux groupes, les Aigles et les Phoenix, chacun avec notre drapeau. Mon instinct geek m'a fait immédiatement imaginé les activités de paintball, type 'Capture the Flag' qui allaient s'ensuivre. Tout faux.

Ce fut plutôt de l'agro-branche à la chinoise, à savoir des activités de courses au milieu des arbres, sur ponts de corde, dans des tunnels, etc. Par rapport à ce que j'avais pu expérimenté en France, tout était beaucoup moins en altitude... mais en contrepartie il n'y avait aucune protecction hormis les filets de sauvetage.

Il faudrait que j'arrête de prendre des poses sur toutes les photos

Il y eut aussi de grands moments tyroliennes. Par grand vent. Avec des panneaux indiquant 'Poids maximum 80kg' Même si j'en suis bien loin maintenant, je dois avouer que je n'étais pas si rassuré que ça sur la sécurité de l'ensemble - le matériel chinois est précédé généralement d'une réputation douteuse. J'étais mauvaise langue, il n'y a pas eu de problème.

Saultes et collines... ça fait toujours du bien

A part ça, un petit peu de course de tonneaux, d'escalade, de tir à l'arc et autres activités du même tonneau. Autant dire que je suis depuis ce matin dans un état lamentable, mais que je garde de tout cela de bons souvenirs néanmoins... en attendant que notre photographe diffuse les images compromettantes.


jeudi 30 octobre 2008

Circulation Pékinoise

Je me sens d'humeur à continuer à raconter ma petite vie.

Comme le savent mes lecteurs de longue date, j'ai la chance, grâce à ma charmante secrétaire, d'avoir un appartement à quinze minutes à pied du boulot - le rêve pour quiconque a dû régulièrement affronté l'A86 ou la N118 aux heures de pointe.

Je traverse quelques résidences, à côté des plans d'eaux et des chinois pratiquant leurs exercices matinaux, qui avec des sabres, qui avec des éventails. Il m'arrive de longer une école proche et de voir tous les écoliers dans la cour se livrant eux aussi à leurs exercices matinaux rythmés par les haut-parleurs.
Je passe devant quelques petits restaurants, boulangeries (si, si), garages et autres spa.

Et là j'arrive à l'infâme carrefour de 广顺北大街 et de 望京北路, deux des principales rues de Wangjing. Quand je dis rues, je veux dire par là deux de ces 2x3 voies escortées de contre-allées dont l'une est alimentée (et alimente) l'un des périphériques de la cité. Autant dire un beau noeud de circulation. Nous sommes à Pékin, donc tout cela est géré par quelques feux tricolores auxquels on rajoute les règles usuelles de circulation en Chine: les feux ne comptent pas lorsqu'on veut tourner à droite (corrolaire de cette règle: quel que soit la ville de Chine où vous vous trouvez, un passage piéton est un lieu dangereux sur lequel la plus grande prudence est nécessaire).

Et chaque matin se déroule devant moi ce spectacle chaotique, comprenant taxis en retards, deux-roues en tout genre (vélos classique, mini-vélos, vélos électriques, scooters, motos) ayant pour point commun de considérer que le code de la route ne s'applique pas à eux et qu'ils sont invincibles, vélos tirant des carioles emplies à ras-bord, navettes amenant leur contingent d'ingénieurs dans les entreprises de télécommunications alentour, et piétons cherchant, envers et contre tout, à traverser au pas de course puisque les feux ne restent pas au vert suffisamment longtemps pour franchir ces rues en marchant. Tout cela au rythme assourdissant des klaxons.
Parfois, tout se calme lorsqu'un deux-roues est renversé et que son propriétaire voltige à quelques mètres (c'est objectivement rare, mais j'y ai déjà assisté - pas trop de dommage en général).

Il m'arrive aussi d'apercevoir des éléments plus exotiques: carioles tirées par des mulets, ou bien vélos tirant une remorque elle-même reliée au vélo de l'épouse tirant elle-même une seconde remorque: vive l'esprit de famille.

mercredi 29 octobre 2008

Il caille !!!

L'ami Mikael, for de sa longue expérience à Pékin, m'avait pourtant prévenu: la période entre le 15 octobre et le 1er novembre est particulièrement difficile dans la Capitale du Nord.

Certes, il fait plutôt chaud dans la journée: on peut encore sortir du bureau en chemise dans l'après-midi. Mais les nuits commencent à osciller entre le glacial et le polaire dans mon appartement. J'ai tout de même eu confirmation que le chauffage serait activé au 1er novembre dans mon immeuble... en attendant je me recouvre de pull-over et me calfeutre sous deux couettes en espérant de meilleurs jours.

jeudi 23 octobre 2008

Automne Pékinois

Les jours passent et se ressemblent en cette fin d'octobre. J'avais entendu dire que l'automne était la meilleure saison pour apprécier Beijing, et cela se révèle particulièrement vrai. Temps sec, ciel bleu, parfois même dégagé (je n'ai jamais autant apprécié la vue des collines encerclant la cité que ce matin).

On sent tout de même que l'hiver frappe à la porte: vent glacial et nuits fraîches sont désormais parties intégrantes du quotidien. Le chauffage central n'est pas encore activé, et les couches de draps supplémentaires sont déjà nécessaires. J'attends avec circonspection cet hiver pékinois dont nous a souvent parlé Mikee... quitte à aller faire un tour à Shenzhen ou à Sania au mois de novembre pour profiter de la plage.

lundi 20 octobre 2008

Ambiance post-olympique

Ca y est, l'esprit olympique semble avoir quitté Pékin.

Les drapeaux rouges ont enfin déserté magasins, restaurants et autres habitations. Il n'y a plus de petits groupes affublés de t-shirt Wangjing épiant tout un chacun à chaque coin de rue. Bien moins de policiers aussi.
Par contre on recommence à voir dans les rues des vendeurs de brochettes et de snacks en tout genre. Les vieilles dames tirant leurs charettes emplies de quantités monstrueuses de cigarette ont aussi fait leur retour. Les prix semblent baisser (ça, c'est peut-être aussi dû à la comparaison avec la France).
Evidemment, ça signifie aussi qu'on ne peut pas faire cinquante mètres à 三里屯 (Sanlitun, une des deux grandes concentrations de bars, restaurants et boîtes de nuit de Pékin) sans recevoir trois propositions de type "Ladies' bar", "Beautiful Ladies", "Massage"...

En tout cas, l'ambiance devient sacrément plus respirable de mon point de vue (l'air beaucoup moins... finalement il semble que les mesures anti-pollution aient eu un effet). Je vais enfin pouvoir découvrir ce à quoi ressemble vraiment Pékin sans l'agitation des mois précédents.

samedi 18 octobre 2008

Difficile réadaptation

Il suffit d'un mois en France pour oublier certains automatismes ou notions typiquement chinoises.

Par exemple, la taille des plats.

Il y a non loin de chez moi deux petits restaurants (on dira des cantines): l'un s'appelle 杭州小吃 (snacks de Hangzhou), l'autre 成都小吃 (snacks de Chengdu). J'y ai mes habitudes le midi, et souvent le soir à emporter. Les menus sont bien entendus en chinois, et avec bien peu de photos (on parle de cantine, là). Autant dire que j'ai repéré avec attention les plats qui me convenaient le mieux, et que j'évite les expériences douteuses... un caractère peut faire la différence entre un plat de poulet parfaitement honnête et un autre rempli d'intestincs.

J'avais hier soir plutôt envie de poisson et de piment (curieuse combinaison certes, mais que j'apprécie parfois). Jetant un coup d'oeil sur les photos affichés, je repère un plat composé de poisson (鱼), bouilli ou à la vapeur (je reconnais 水, l'eau). Et vu les couleurs sur la photo, je n'ai pas d'inquiétude sur la dose d'épice (et puis c'est tout de même un resto sichuanais).

Je commande donc, m'assieds, observe les gens autour de moi: quelques étudiants, des treillis ça et là (il doit y avoir aussi des surplus dans l'armée de libération du peuple). Soupes, vermicelles de pomme de terre, viande sauté et autre 白酒 (alcool blanc infâme) apparaissent et disparaissent presque aussitôt sur les tables. L'heure passe et mon plat n'arrive toujours pas. Je commence à m'inquiéter quelque peu, me demandant tout de même ce que j'avais pu commander... Au bout d'une petite demi-heure (et tous ceux qui ont déjà été dans ce genre de resto ont une idée de ce que peut représenter une demi-heure pour préparer un plat), je vois arriver un sac gigantesque, rempli d'eau, de poisson et de piment... de quoi nourrir quatre personne sans problème.

Et me voilà sur le chemin du retour, me sentant un peu bête avec mon sac de poisson. Coup de chance, le sac a tenu jusqu'à l'arrivée au bercail, le temps de verser tout ça dans une marmite:


Je n'ai pas eu de problème pour dormir après ça...

mercredi 15 octobre 2008

Après un mois en France...

Me voilà de retour sur les terres pékinoises.

Le retour en France m'a fait du bien. Il a fallu pas mal de réadaptation. Le décalage horaire, bien sûr. Les bonnes choses: comprendre les gens de la rue, ne pas être obligé de négocier la moitié de ses achats, vivre dans des lieux silencieux, découvrir des open-spaces quatre fois moins denses, retrouver le goût de la viande saignante, du fromage et de la charcuterie.
Les mauvaises surprises aussi: la voiture en banlieue est une épreuve toujours aussi atroce. Les compagnies de téléphonie mobiles s'empiffrent joyeusement sur l'utilisateur ('quoi? Mais pour le prix d'une carte SIM j'ai la même en Chine avec dix heures de communication'), les pétrolières également (ou comment dépenser l'équivalent d'un SMIC chinois en deux semaines de transport).

Dans tout ça j'ai tout de même eu le plaisir de revoir ma chère Paris (et de découvrir la Nouvelle Athènes), de faire un tour dans les Alpes, de visiter mon lit (pour cause de grippe) et les abbayes bourguignonnes (en cas de beau temps). J'ai fait l'expérience du GPS de nuit, dans la pluie et la brume, le long du chemin des Grenouilles et des sentes incertaines. Mon sac-à-dos à souffert de mes incursions chez Scylla, haut lieu de débauche littéraire devant l'éternel. Et je me suis rendu compte de la vivacité des couleurs d'automne, si intenses comparées à celles de Chine.

En attendant la suite de mes pérégrinations pékinoises...

jeudi 11 septembre 2008

Jeux paralympiques

Petit mea culpa: après avoir dit pis-que-pendre des JO, me voilà passant la soirée aux paralympiques. Pour ma défense, je dirais quand même que l'ambiance est nettement différente: les yeux du monde ne sont plus fixés sur Pékin, et la Chine entière ne craint plus le moindre impair qui ferait perdre la face au pays aux yeux du monde. Bref, l'air est nettement plus sain.

Et me voilà donc parti pour le Nid d'Oiseau, armé de mon billet à 50 kuai (gros avantage des paralymiques: trouver un billet ne nécessite pas d'amis bien placés ni de portefeuille trop bien rempli).

Mon billet (avec la seule mascotte des Paralympiques... )

Le même, devant le nid d'oiseau

Entrée sans problème, après avoir été convenablement fouillé (à ce sujet-là, je préfère tout de même nettement les charmantes hotesses des aéroports). La recherche d'une place libre fut par contre une gageure: visiblement, le nombre de ticket en vente était largement supérieur au nombre de places disponibles, et le début de la soirée fut consacrée à d'âpres négociations avec les volontaires qui racontaient tous 'No available seat, go ahead' aux passants.

Le nid d'oiseau

En désespoir de cause, j'ai terminé debout dans une tribune à côté d'un gamin hystérique (je fut victime alors d'une grande envie de participer aux jeux, catégorie Taekwondo ou lancer de boulet).

Le Nid d'Oiseau de l'intérieur

Avec la flamme...

La suite fut des plus classiques: courses en tout genre, lanceuses de javelot au milieu, et cérémonie de remises des médailles dans l'entrejeu. Il fallut attendre un bout de temps avant d'entendre retentir l'hymne chinois, ce qui eut le don d'agacer une damoiselle derrière moi qui désespérait de pouvoir le chanter dans cette enceinte.

Je ne peux pas vraiment dire que j'ai porté malheur aux Français, contrairement aux insinuations pijiesques. Je n'en ai quasiment pas vu. Néanmoins, le premier fut un coureur de 400 mètres qui décrocha une jolie médaille de bronze, et fut le seul ensuite à faire un deuxième tour de piste portant son drapeau.


C'est dans ses moments-là qu'on regrette de ne pas avoir un zoom plus profond

Vint enfin le moment de partir. Je me baladais encore autour du stade quand intervient une ultime remise des médailles, en javelot masculin (je n'ai pas noté le handicap). Surprise, le vainqueur était français. Et c'est après avoir entendu résonner la Marseillaise dans le Nid d'Oiseau que je suis parti vers d'autre cieux (en l'occurence la rue des fantômes).

Les médaillés

Le drapeau français flottant dans le stade (comment ça, chauvinisme exacerbé???)

mercredi 10 septembre 2008

Site de voyage - Soirée au nid d'oiseau

Deux petites choses qui viennent égayer mon quotidien plutôt stressant ces derniers jours:
- j'ai découvert, parmi les nombreux affidés de wikipedia, un site vraiment intéressant: Wikitravel (ici en français, malheureusement beaucoup moins fourni). Ca ne remplace sûrement pas un routard ou un lonely planet, mais ça a l'énorme avantage d'être gratuit et de pouvoir préparer les futurs voyages (au hasard Prague ou la Corée du Sud)

- je vais ce soir (c'est à dire dans deux petites heures) au nid d'oiseau voir quelques épreuves d'athlétisme et autres remises de médailles des jeux paralympiques. Au contraire des JO, obtenir des places est une sinéçure, et les prix sont nettement plus abordables. J'espère que je ne porterai pas trop malheur aux athlètes français (contrairement à ce que peut insinuer l'ami JP)

lundi 8 septembre 2008

Les salons de thé de Chengdu

Quelques souvenirs du Sichuan...

Chengdu est, avec Hangzhou, l'une des cités favorites des Chinois, connue pour sa douceur de vivre. Et rien ne résume mieux l'agréable impression de paresse qui plane sur la ville que les salons de thé.
Elles sont nombreuses à Chengdu, particulièrement appréciée des locaux comme des touristes. On s'y installe, on commande l'un des multiples thés disponible, et l'on passe l'après-midi ou la soirée à discuter, remplissant sa tasse d'eau chaude. Les feuilles sont en général de telles qualité que le goût du thé y est encore vivace après quelques heures.

Les loisirs y sont multiples. Mahjong bien sûr, cartes ou échecs également. En Il suffit en général de s'asseoir pour qu'un assistant vienne proposer massage ou nettoyage d'oreille.

La plupart de ces salons de thé proposent également des performances le soir: à la manière d'un music-hall, bon nombres d'artistes défilent sur la scène: chanteuses, danseuses, acrobates, marionnettistes, etc.

Danseuse dans une maison de thé

Le clou des spectacles est cependant bien différent: il s'agit de danseurs masculins, au visage recouvert d'un masque, dont le masque change à toute vitesse sans que nul ne puisse deviner comment ils opèrent (leur 'secret' reste l'un des mieux gardé de Chine). On voit ainsi, pendant cinq à dix minutes, une trentaine de visages différents apparaître à la vitesse de l'éclair. Réellement impressionnant.

vendredi 5 septembre 2008

Festival de la Lune

Dans quelques jours (le 13 septembre) aura lieu le festival de la Lune, parfois appelé 'Festival de la mi-automne'. Il a lieu chaque année au 15ème jour du 8ème mois lunaire, ce qui en fait en général la pleine lune la plus proche de l'équinoxe d'automne. On dit que la Lune est la plus belle à cette période.

Bon nombre de légendes sont associées à cette période, racontant les amours de Houyi (后羿), l'archer et de Chang'e (嫦娥). Selon l'une des plus populaires, Houyi et Chang'e vivaient originellement au palais de l'Empereur de Jade (un équivalent chinois de l'Olympe). Ils en furent bannis à la suite d'intrigues de cours, et furent exilés sur Terre.
A cette époque, il existait dix soleils. Et chaque jour, la mère des soleils faisait parcourir la planète à l'un d'entre eux. Mais vint un jour où les dix soleils firent ensemble le tour de la planète. La Terre fut dévastée, la vie brûlée et décimée. Alors l'empereur céleste demanda à Houyi d'abattre les soleils. Celui-ci prit son arc et détruisit neuf des dix soleils. Le climat fut de nouveau doux. Pour remercier l'archer émérite, l'empereur de jade mit fin à son exil. Il lui offrit une pilule permettant de voler jusqu'à son palais.
Houyi rapporta la pilule chez lui, et s'affala dans son lit, épuisé. Chang'e rentra alors à la maison, et vit la pilule. Elle l'avala et commença à s'élever dans les airs. Houyi, réveillé par ses cris, tenta alors de l'empêcher de s'envoler, mais en vain. Irrésistiblement, elle s'envolait seule dans les cieux. Elle s'arrêta au premier astre venu, car elle ne voulait pas quitter son époux. Elle est depuis devenue la déesse de la Lune.
Chaque année, Houyi tente de la rejoindre au 15ème jour du 8ème mois lunaire, et c'est pourquoi la Lune est si belle à ce moment-là.

Dans les faits, le festival de la Lune est célébrée dans toute l'asie orientale: Chine, Corée, Japon, Vietnam, etc. C'est notamment l'occasion de manger les gâteaux de lune, pâtisserie fourrées de viande, d'oeuf, etc, prisée par les Chinois bien plus que par les Occidentaux (pas vrai Mikee ?)

Gâteaux de la Lune

A Hangzhou, la fête de la Lune prend un tour particulier. Il y a sur le lac trois lanternes qui ne sont allumées qu'à cette occasion. Les habitants embarquent avec des torches sur le lac, et le reflet de la Lune, les torches des habitants ainsi que les lanternes forment paraît-il un spectacle unique.

lundi 1 septembre 2008

Journée paisible à Pékin

Comme je le disais précédemment, les JO sont finis et le calme semble revenir à Pékin. J'apprécie de plus en plus cette ville.
Hier fut une journée vraiment reposante. Certes, le réveil fut difficile pour cause d'abus conjugué de bière trappiste et de shots dévastateurs. Néanmoins, la vue des collines alentour tout en dégustant le café matinal m'a réellement mis de bonne humeur: le ciel bleu est une denrée rare pendant un été pékinois.

En conséquence, direction Qianmen (前门 pour les sinophones), ancienne rue de Pékin récemment reconstruite. Pour un occidental, la reconstruction prête à rire, tant cette rue semble artificielle: fausse ambiance XIXème siècle, et surtout une impression de centre commercial encore inachevé, rempli d'échoppes vides attendant preneur. La foule se presse dans les quelques lieux déjà occupés.

Qianmen, la porte donnant son nom au quartier

Foule attendant devant l'un des rares restaurants ouverts

Reconstitution de la première gare pékinoise (et chinoise d'ailleurs)

Trouver un restaurant valable dans les environs nécessita un peu de persévérance: personne ne semblait choqué dans les alentours par les restaurants proposant les dix dumplings à 56 yuans (les mêmes à cinq minutes de chez moi en valent 4... il y a de l'abus quelque part), mais j'ai tout de même préféré plonger dans des rues plus populaires.

Pour la suite des évènements, direction Zhongshan Park (中山公园). A peu près toutes les villes chinoises ont un jardin portant ce nom, en l'honneur de Sun Yan Sen. Dans le cas de Pékin, c'est un jardin juste en lisière de la cité interdite, accessible à tous, mais uniquement fréquenté par les pékinois... balade particulièrement reposante à l'intérieure, je l'avoue.




Quelques photos du parc Zhongshan

La fin de la journée fut consacrée à la remontée vers les lacs et la négociation avec les pousse-pousse, avant de trouver un petit joyau perdu à côté de Xihai (西海), le lac de l'Ouest pékinois. On y trouve notamment un pub particulièrement sympa, avec une jolie terrasse donnant sur le lac, un barbecue gratuit le dimanche soir et du pastis, denrée rare en ces lieux... tout pour passer une soirée paisible.

Houhai par un après-midi ensoleillé

vendredi 29 août 2008

Petite annonce

Dans quelques jours (13 septembre pour être précis), je serais de retour en France pour un mois. Le programme est encore flou, mais je serais à coup sûr sur Paris et sa région du 13 au 28, si d'aventure vous voulez me voir :)

mardi 19 août 2008

Di Renjie - Le juge Ti

Histoire d'oublier un peu les JO, je vais vous parler aujourd'hui d'un personnage qui connut deux destinées différentes, historique et littéraire: Di Renjie (狄仁傑).

Di Renjie était un lettré du début de la dynastie des Tang (pour situer tout cela, c'est par là...) Issue d'une famille d'officiels, il passa brillament les examens impériaux, et occupa des postes plus ou moins importants à travers tout l'empire. Il sera notamment plusieurs fois chancelier.
La maheure partie de sa carrière se déroula sous le règne de Wu Zetian. Sa fidélité, au-delà des cabales et autres intrigues politiques, est totale envers l'Empire. Ceci lui vaudra sa part d'exil et de calomnie, ainsi que le respect de tous sur ses vieux jours, alors qu'il est considéré comme la caution morale du régime.
Il recommandera avant sa mort la plupart des officiels qui renverseront Wu Zetian, et est à ce titre considéré comme l'un de ceux qui ont restauré la dynastie Tang.

Statue de Di Renjie à Guangyuan

Par la suite, au XVIIIème siècle, un anonyme publia un ouvrage nommé '狄公案', ce qui peut se traduire par 'Affaires du Juge Ti'. Ces trois nouvelles racontent des enquêtes policières résolues par un magistrat dont la personnalité et l'histoire sont basées sur celles de Di Renjie. Néanmoins, nombre de détails font plutôt référence à la vie sous les Ming que sous les Tang.

Couverture de 狄公案

Par la suite, au milieu du XXème siècle, un orientaliste autodidacte, Robert Van Gulik, découvre ce manuscrit et entreprend de le traduire. Le succès et le plaisir qu'il prit à cette aventure le pousseront à écrire lui-même d'autres aventures du Juge Ti, depuis ses débuts comme magistrat débutant au Nord-Est de la Chine jusqu'à son apogée à Chang'an et Guangzhou (Canton).

Couvertures d'une des aventures du Juge Ti écrite par Van Gulik